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Algues échouées sur les côtes de la Martinique

D’où viennent ces algues ?

 Ces algues  proviennent de la haute mer. Elles y vivent sous forme libre et suivent des courants marins qui les dirigent actuellement sur les côtes martiniquaises préférentiellement vers la zone atlantique mais aussi parfois jusque sur la cote Caraïbe. Ce phénomène, exceptionnel, est la conséquence d’une nouvelle organisation des courants marins parcourant l’Atlantique dans l’hémisphère nord.

Photo tirée du site "People Bo Kay"
Quel problème posent-elles ?

Ces algues ne sont pas toxiques en elles-mêmes, mais une fois échouées sur les plages, elles meurent et les dépôts d'algues entraînent des dégagements importants de gaz lors de leur putréfaction, notamment de sulfure d’hydrogène (reconnaissable à son odeur d’œuf pourri), qui peuvent être à l'origine de nuisances olfactives et de troubles sanitaires pour les promeneurs et les riverains des plages.

Les dépôts d’algues sur les côtes martiniquaises se présentent sous trois formes :

  •  algues sèches en fond de plage : les algues sèches qui ne sont pas en cours de putréfaction ne semblent pas présenter de danger
  • algues jaunes dans l’eau : les algues vivantes ne présentent pas de danger particulier en elles-mêmes, elles constituent néanmoins un habitat et un refuge pour la faune marine
  • algues situées sur la zone de sable mouillé : ces algues s’amassent, forment des tas qui entrent dans un processus de putréfaction à l’origine de dégagement de gaz source de nuisances
Comment mieux connaître les conséquences sanitaires de ce nouveau phénomène ?

Des dépôts d’algues vertes se sont produits ces dernières années en Bretagne, et ont donné lieu à des rapports d’experts et recommandations. Dans le cas de la Bretagne, les causes sont différentes et il ne s’agit pas des mêmes algues. Néanmoins leur décomposition produit également des gaz irritants, notamment de sulfure d’hydrogène (H2S) ce qui amène à prendre en compte le retour d’expérience de cette région, et à l’adapter au contexte Martiniquais.

Une campagne de mesure des quantités de sulfure d’hydrogène présentes dans  l’air a donc été entreprise sur les communes les plus touchées pour quantifier les émanations provenant des dépôts d’algues. Ces mesures sont ponctuelles et donnent une photographie de la situation à un instant précis. Elles ont révélé des doses pouvant avoir pour effet une irritation des yeux (conjonctivite, gène à la lumière vive) et des voies respiratoires (rhinite, enrouement, toux, douleur thoracique). Les personnes asthmatiques y sont particulièrement sensibles, ainsi que les jeunes enfants et les femmes enceintes.

Il résulte de ces premières investigations que certains dépôts d’algues en décomposition sont susceptibles de générer des concentrations de sulfure d’hydrogène suffisantes pour occasionner des risques pour la santé.

Dans le cas des algues vertes, des poches de gaz peuvent se former sous la couche d’algue et être brusquement libérées si cette couche est percée, provoquant des bouffées pouvant être à l’origine d’accidents graves qui se sont produits notamment en 2009. Ce phénomène n’a pas été observé sur nos côtes à ce jour.

Que faire pour limiter ces conséquences sanitaires ?

Les municipalités concernées ont déjà pour la plupart entrepris des opérations de nettoyage qui vont se poursuivre, les priorités étant d’assainir les zones les plus proches des habitations et les plages les plus fréquentées, et de déconseiller l’accès à celles qui ne seraient pas libérées des algues en cours de putréfaction.

Il est ainsi déconseillé de fréquenter les plages sur lesquelles persistent des tas d’algues en décomposition et à fortiori de rester à proximité de ces algues, de manipuler sans précautions les algues en cours de putréfaction, ou même de les piétiner car cela serait susceptible de libérer des bouffées de sulfure d’hydrogène particulièrement nocives. Lorsque les opérations de ramassage seront en cours, pour des raisons de sécurité, des zones interdites au public seront balisées et devront impérativement être respectées.
Les recommandations peuvent évoluer en fonction des évolutions de la situation et des connaissances.